[Mon père]

[Mon père]
"Kali, tu feras gaffe, dans la boîte là, y a les gâteaux que ton père a fait pour le souper canadien de ton frère.
- Mon père?
- Oui...
- Mon PERE?
- Ouiii, ton père!
- Je ne savais pas qu'il savait se rendre utile..."


En dix-neuf ans d'existence bientôt, je n'ai jamais remarqué que mon père savait se responsabiliser. Souvent au lieu d'affronter les contrainte, la fuite était de mise dans sa personalité décadente de père absent. Il adorait les bébés. Il l'a prouvé en me soignant, petite, comme si j'avais été un délicat présent de la nature.
A partir du moment où j'ai eu huit ans, âge ingrat de l'enfance, il est parti.
Je ne sais pas si je peux considérer cela comme une énième fuite mais j'ai le sentiment qu'il a eu peur.
Dans le fond peu importe, j'ai au moins eu la chance de grandir.
Au début, rien de bien surprenant dans une future famille recomposée, nous avons continué, mon petit frère de cinq ans et moi, à aller lui rendre visite dans son tout nouvel appartement à Genève. (A préciser, nous vivions à Verbier, au dessus de Martigny en pleine cambrousse donc il y avait assez peu de facilité de transports et ma mère devait nous y emmener chaque week end en voiture.)
Au départ, mon père était bel et bien un papa divorcé. Entre les sticks de poisson pané qui sortaient du congélateur pour atterir dans le four accompagné d'un riz à la texture douteuse et le manque total d'exigences de sa part à notre égard, nous avions vite compris qu'il se sentait un peu dépassé.
Les devoirs d'école étaient, chez lui, totalement inexistants. Nous avions à ce jour d'autres priorités.

Je ne dis pas qu'il a été un mauvais père. Simplement il n'a pas su nous prouver suffisamment qu'il nous aimait dépassé le bel âge de huit ans. Je crois que j'ai beaucoup manqué de cette affection qu'il n'a pas su me donner. J'en ai souffert et j'en subit aujourd'hui les conséquences.
Par manque d'autorité masculine je suis devenue plutôt intenable et je ne supportais aucune des critiques ou remarques que l'on pouvait me faire sans tout prendre très à coeur et m'énerver.
Et puis je crois qu'assez vite, à peine sortie de la tendre enfance, je n'ai plus accepté aucun des signes de tendresses de ma mère ou de toute autre personne envers moi. Je me suis peu à peu renfermée sur moi-même et, encore aujourd'hui, cela me pose problème.

Il y a six ans, le jour de l'anniversaire de mon père, celui-ci me proposa de rester avec lui, étant donné que ma mère était également présente et que je ne pouvais pas rentrer seule à Lausanne ou nous avions déménagé avec ma mère entre temps.
Je restai donc, seule enfant parmis les adultes, à tenir un petit carnet de note sur les hilarants personnages qui avaient été conviés et se comportaient de manière étrange. Il y avait par exemple cet imposant homme Italien et assez fier visiblement d'appartenir à cette ethnie, qui avait laissé sa chemise blanche entrouverte sur une quantité de pilosité à faire froncer les sourcils à n'importe quelle personne en bonne santé mentale. Il avait donc sa chemise ouverte et parlait à une jeune blonde tout en mâchant avec vulgarité un morceau de fromage quelquonque. L'ennui c'est qu'il n'avait pas prévu qu'un morceau de gruyère lui atterrisse en plein dans la pilosité du torse et s'y aggripe de manière totalement ridicule. Il continuait donc à faire des discours à sa belle sans remarquer le moindre sourcillement chez sa prétendante qui pourtant devait bien rigoler intérieurement.

De l'autre côté de la salle, il y avait cette femme magnifique que j'avais toujours admiré. Une femme potentiellement âgée et qui avait une chevelure argentée qui lui tombait savamment sur les cuisses lorsqu'elle marchait. Elle tenait dans sa main une tranche de gâteau qu'elle râpait à l'aide de sa fourchette avant de prendre la pâte et la croute et de les plier comme on plierait un jeans qui vient d'être repassé et de déposer ses petites constructions dans une assiettes qu'elle s'était mise de côté à cet effet.

Et enfin, il y avait cette femme, pas particulièrement belle, apposée contre un mur de la cuisine, qui ne parlait avec personne, ne souriait pas, ne riait pas... Elle semblait gênée, mal à l'aise. J'entends alors une femme, dans l'assemblée, dire qu'elle n'avait pas été invitée mais qu'elle avait insisté pour venir parce qu'elle était sûre de connaître mon père.
Je ne sais pas si vraiment il l'avait connue mais le lendemain matin, en me réveillant, je les avais découverts tous deux dans le lit de mon père. Et cela fait six ans qu'elle garde cette place.
Tout de suite elle a été très désagréable avec moi. Elle m'insultait à longueur de journée, prétextant que j'étais grosse, flemmarde, que je ne servais à rien et que je passais ma vie à lire des livres alors qu'il y avait autre chose à faire.
J'ai donc refusé net tout contact avec cette étrangère et le premier soir ou mon père a été invité avec nous à dormir chez "elle" et ses deux enfants en bas âge, j'ai refusé. Mon père, assez ennuyé que sa fille de douze ans n'accepte pas une invitation comme celle-ci redoutait de me laisser seule tout le week end et appela donc sa brune afin qu'elle tente de me convaincre.
Elle me téléphona, très sûre d'elle:
"Kali, je sais que toutes les deux on ne s'apprécie pas tant que ca mais cela me ferait une grande joie de t'avoir chez moi avec ton frère. De toutes manières tu seras bien obligée de t'habituer à ma présence, il n'y a pas d'autres possibilités. Arrête de compliquer la vie de ton père et viens. On va bien s'amuser."

Pas pour autant culpabilisée, je refusai donc et passais deux jours entièrement seule dans l'appartement vide du troisième étage.

Mon père, très apeuré par le fait qu'il aurait pu déplaire à la demoiselle, avait décidé d'être en accord avec elle sur tous les points. Ainsi, lorsque celle-ci m'insultait, il confirmait et enfonçait davantage l'éphémère personne que j'étais devenue.
C'est ainsi qu'à mes treize ans, je refusai tout contact avec lui avec l'accord hésitant de ma mère.
Je n'eus donc pas à subir son déménagement dans cet endroit où il n'avait rien de personnel.
Quand je lui demandai où se trouvait le miroir par exemple, il me répondait: Dans la chambre de Hélène (nom fictif) au lieu de me dire: Dans notre chambre.
Il ne s'est jamais senti chez lui en ces lieux et cela se voyait à vue de nez.

Très vexé par ma décision de ne plus mettre les pieds sur territoire genevois, mon père a encore une fois pris la fuite et ne venait pas me voir plus souvent qu'une fois tous les trois mois, fois ou j'avais à nouveau droit aux commentaires abusifs du couple.

Mon père est fier d'avoir des fils. Deux. Mais ma soeur et moi ne sommes que des plantes vertes qui avons eu le malheur de croiser sa route.
C'a a longtemps été mon point de vue par rapport à son comportement avec nous, ses quatres enfants... En réalité je crois qu'il a évolué depuis cette phrase.. Mais c'est encore ainsi que je le ressens lorsque par mégarde il me balance:
"Je ne viens te voir à Lausanne que si je peux aussi voir ton frère"
(Soit dit en passant, il voit mon frère tous les week end.)

Je ne sais pas.. Besoin de crier, de me plaindre... besoin de comprendre ce qui s'est mal fait...

Après tout on a les parents que l'on a, on ne peut pas désirer les changer... Il faut se remettre en question et il est en train de le faire tout comme moi. Les choses évolueront, mais trop tard... Il se plaint de ne pas m'avoir vu grandir... Il n'a rien fait pour non plus.
# Posté le mercredi 02 juillet 2008 02:46

[Problème chez les CFF]

[Problème chez les CFF]
Merci beaucoup pour vos quelques commentaires, les filles. Ils m'ont fait vraiment plaisir et j'aime remarquer que certain(e)s aiment encore lire. En plus vos trois commentaires étaient longs, complexes et vraiment adorables. Merci =)

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Assise sur le goudron qui surplombe les rails, j'attends.
Autour de moi se trouvent de nombreuses personnes. Une femme métisse, enroulée dans un pull rouge sang qui lui serre la taille, lape une glace à la vanille qui coule par petites à coups sur sa jupe noire. Bien calée dans son banc, à côté de cette dernière, se trouve une seconde femme aux cheveux clairs qui écoute lascivement un rappeur tonitruant lui arracher les tympans dans un déhanché rythmé de la nuque. Et sur sa gauche, un roux assez rond explose de rire à intervalles régulières en parlant au téléphone.

Je tourne le regard de l'autre côté et découvre alors un jeune homme aux cheveux noirs, cintré dans une chemise trop courte, qui pianote sur son ordinateur portable dans un petit crépitement douteux de touches enfoncées sur un clavier. Il lève la tête et m'aperçoit. Il sourit et retourne à son laborieux travail.
Un autre homme s'approche alors du quai de gare, l'air imbus de lui-même, et pose pied à terre à mes côtés. Il sort alors de sa poche une de ces boisons énergisantes qui vous donne un air très sérieux et très "cool" et ouvre sa canette dans un petit bruit agréable de pétillement joyeux.
Je tourne le regard dans le sens inverse, intriguée par le train qui ne semble pas vouloir faire son entrée en gare. Je sens le regard de l'homme au Red Bull dans mon dos. Je me retourne. Il m'observe, absolument pas gêné. Je lui jette un regard assassin et lui demande s'il a besoin d'aide. Très vite, et ennuyé, il fixe soudain sa boisson d'un oeil perturbé.
Je sens le vent frais et ébouriffant d'un train qui s'approche. Je me redresse, attrape d'une main mon sac à dos dans lequel trône, très fier, mon ordinateur portable, qui se ramasse presque mécaniquement un poteau présent à mes côtés. Je pousse un soupir et monte dans le train, prenant grand soin de ne pas monter dans le même wagon que l'homme au Red Bull.

Je suis seule sur mes quatre sièges et pose nonchalamment mes pieds sur le siège avant. Je sors mon livre et m'y absorbe. (Déloger l'animal de Véronique Ovaldé).
Un bruit contre la vitre m'éveille de mon rêve littéraire et je relève les yeux, intriguée. Un homme d'une trentaine d'année d'évertue à ranger dans son étui de tissu son vélo de course rouge. Il ôte une roue, emballe le reste dans le morceau de plastique impermeable et s'installe sur un banc avec tout son fatras à côté du train. Il porte des chaussures cloutées pour les cyclistes et s'amuse à faire de la musique sur le sol en tapant des pieds. Soudain il se relève et fait de grands signes des bras à quelqu'un que je n'aperçois pas encore, à l'autre bout du quai. Une femme se précipite vers lui et se pelotone dans ses bras. Elle est enceinte. Elle porte une jolie robe blanche un tout petit peu transparente et les cheveux attachés en chignon duquel quelques mèches se libèrent tendrement.
Son petit bout de mari prend les sacs qu'elle porte dans ses bras essoufflés et lui propose de s'asseoir. Ils sont adorables. Je souris béatement jusqu'à me faire fusiller du regard par l'homme protecteur. Je me détourne.

Le train se dégage lentement de son quai abrupte et glisse sur les rails en direction de Puidoux-Chexbres. Je reprend ma lecture, décidée à ne plus lancer de regards à personne. Les conversations vont bon train dans mon wagon et je ne me fie plus qu'aux mots qui défilent sous mes yeux. Tout semble lointain.

"Prochain arrêt, Palézieux. Nächste Halt (?) Palézieux."

Je me dis intérieurement que le temps passe long. Mon amoureux me manque et le train de daigne pas avancer.
Après quinze minutes d'attente dans un silence de mort, la conversation microphonique reprend:

"Mesdames et Messieurs, suite à un problème rencontré entre Palézieux et Payerne, ce train ne continuera pas sa course. Merci de descendre sur la place de la gare et d'attendre le car qui passera aux alentours de 20h05 et vous ammènera jusqu'à Moudon."

Dès le dernier mot pronnoncé, des centaines de râles et de gémissements agacés me proviennent de toutes part, dans le wagon que j'occupe encore.
Je descend, poursuivie par une cinquantaine de personnes énervées et emplies de disgrâces dans leur attitude nouvelle d'agacement.
Je m'installe sur le sol, mon sac entre les cuisses, mon livre toujours centré sous mon regard. Une jeune femme aux longs cheveux bouclés oranges et aux vêtements amples et féeriques dépose ses affaires près de moi et me demande d'un air implorant si je peux garder ses sacs le temps qu'elle aille s'acheter de quoi manger. Je lui souris et hoche la tête.
Rassurée, elle s'éloigne, laissant sous ma responsabilité trois énormes bagages bruns en cuir.
Je la vois faire mouvoir sa chevelure dans différentes directions tout en parlant avec la détentrice du kiosque de la gare. Je me prend à imaginer ces cheveux sur un bord de mer, avec leur propriétaire drapée d'un long tissu de soie blanche. Un regard d'artiste se construit, il ne s'invente pas, il faut bien commencer par créer quelque chose dans son imagination.

La jeune femme revient et me remercie, me proposant soudainement un bonbon de son paquet plein. Je refuse poliment et reprend ma lecture. à 20h06, le car entre enfin dans notre champ de vision. L'ennui c'est qu'il semble vraiment minuscule et que j'ai le sentiment qu'il n'y aura jamais de places pour tout le beau monde qu'il aura à transporter à bon port.
Les passagers se relèvent, se pressent aux portes ouvertes du bus et se bousculent. J'attrape par hasard deux places assises dont je propose la seconde à une femme d'environ vingt-cinq ans très rousse. Elle acquiesce et me remercie avant de s'installer brutalement près de moi. Je souris. Elle a les bras fins et blancs emplis de millions de magnifiques petites tâches de rousseur. Ses cheveux rouges se prennent avec frénésie dans l'attache de son collier en bois. Elle porte une main à son cou et détache le tout, rouspêtant contre le vent qui lui ébouriffe sa crinière dorée.
Je suis heureuse.
Je regarde les champs qui s'étalent sous mes yeux par la fenêtre. Quelques vaches broutent sous mon nez lorsque le car redémarre.

J'hésite franchement à penser que le quinquagénaire qui conduit vient d'obtenir son permis de circulation. Il dérape en tous sens, roule de manière assez hasardeuse. Les gens qui sont restés debout sont secoués en tous sens et s'énervent les uns contre les autres. Une petite fille brune me regarde à travers les verres foncés de ses lunettes Hello Kitty. Je lui souris. Elle chuchote à sa mère qui l'accompagne:

"La fille là-bas elle a les cheveux rouges.
- Oui ma chérie mais on ne parle pas comme ça fort des gens, cela ne se fait pas.
- Et elle a pleins de boucles d'oreilles sur la figure. C'est pas beau."

Je fais une grimace à la petite qui réagit aussi sec en me la rendant. Elle rigole.

On passe sur un pont, entre deux chèvres, sur des routes aux multiples petits graviers.

Enfin arrivée à Moudon je m'échappe de l'emprise de ce car et souris à tout le monde. Les deux femmes que j'ai vue à Palézieux sortent également.

Je me précipite dans le parking. Il est là. Je l'embrasse.

Et c'est reparti pour la route =)
# Posté le mardi 24 juin 2008 05:01
Modifié le mardi 24 juin 2008 05:11

Voilà.

Voilà.
La vie est faite pour être vécue à bout de bras.




C'est pourquoi je me tiens généralement assez éloignée des idéaux de société ou des idées reçues. Il m'arrive, il est vrai, de me retrouver nez à nez avec une réalité que je ne souhaite pas endurer mais cela m'arrive rarement. Je sais reconnaître les limites de mon propre plateau de jeu sur lequel de mes pions je danse en tous sens.

Je ne me définis pas de manière basique. Je ne suis pas à titre unique. Je ne suis ni photographe, ni encore moins auteur, je suis un mélange des deux. Je suis étudiante dans le premier des deux milieu cités et je suis en pleine vie active dans le second.

Je gagne ma vie à coup de samedis trimballés à trimer dans une boutique Lausannoise dans laquelle nombres de personnes aux styles et aspects deffectués ont la force d'avancer. Une boutique de femme. Un petit magasin caché dans une rue très vivante, face à une immense route.
J'ai donc droit, chaque samedi à mon lot de passants hors-norme. On y trouve généralement des touristes de 21 à 47 ans, venus pour trouver des souvenirs à rammener à leurs amis japonais qui définiraient la Suisse dans toute son ampleur. J'y donnerais comme exemple une jeune femme à peine entrée dans le monde adulte qui me questionnait au sujet d'une carte déroutante afin de savoir si la photographie qui y était aposée représentait bien Geunaivvve (Pronnoncé avec son accent sans retouches linguistiques aucune.)
Ceux-ci débarquent généralement en fin d'après-midi et partent après la fermeture, pour être bien sûrs de ne pas nous laisser partir à temps en week-end. Ils sont souvent très lents à faire leurs choix et ont besoin de l'aide des trois vendeurs présents dans la boutique pour choisir le bon bijou, le bon porte-clef ou encore le bon set de table.
Ils demandent toujours si on prend l'euro et si ils peuvent payer avec une carte visa dorée aux reflets agonisants de faux-riches.
On trouve également des jeunes de toutes ethnies et de tous styles confondus. Allant des fameux "Emo" qui entrent en horde à partir de trois heures de l'après-midi aux tecktonik qui prennent le temps de nous faire une démo entre deux rayons afin d'être sûrs de s'être bien fait remarqués.
Ceux-ci font souvent des passages éclairs mais très visibles (surtout lorsque mon collègue se met à sortir des blagues de goût douteux à leurs sujets (Voici une émoragie.. ahah) ou lorsque j'ai droit à la liste de mes ressemblances avec EUX... Merci bien mais je suis bien loin de ces phénomènes attypiques de société.)
Il y a ensuite la dernière version des acheteurs potentiels sous la houpette délicate de femme, fréquemment blondes ou reteintes en brunes, de 12 à 35 ans. Ces jeunes filles ou jeunes femmes qui viennent à peine de dépasser la puberté passent souvent un quart de leur temps à observer machinalement les articles de cuisine multicolores qui trônent dans le fond de la boutique, ou, pour les plus jeunes, à observer avec méfiance et délicatesse les bijoux qui leur font face dans le comptoir d'accueil.

L'autre partie de mon temps je la passe en cours, dans cette école d'arts veveysanneaux relants doucereux de zoo. L'ambiance y est chaleureuse et sincèrement sympathique, pourtant, autant nous, élèves, que le reste du monde qui la peuplent, les gens qui y passent leurs journées sont étranges.
Entre les look décadants, les idées convergentes, les oeuvres d'art à sous-entendus multiples...
Je suis en classe préparatoire, et j'attend avec douleur vendredi qui sonnera le glas de cette année. Je poursuivrai ensuite en EAA photographie, ma voie de prédilection.
Les profs, en majeure partie, ne m'apprécient pas vraiment. Il faut dire que je ne suis pas précisemment les règles qui nous sont imposées et que, par ailleurs, je suis quelqu'un de particulièrement compliqué lorsqu'il s'agit de rendre un travail dans les temps. Je ne parviens à finir quelque chose que lorsque cela me porte un certain interêt. Le reste du temps, je vis dans un minimalisme aigu qui m'a fréquemment poussé à rendre les choses en retard, voire très en retard.
C'est durant cette fameuse année préparatoire que j'ai pris au sérieux les mots, que pourtant je côtoyais depuis bien longtemps, sans l'aide ou la relecture de quiquonque. Cette année, le professeur de français, le directeur et différentes autres personnes au sein de l'école ont pris le temps de me lire, de me corriger, de me critiquer. Cela aboutira certainement à quelque chose. Quelque chose de bien et qui fera ma fierté.

Je sais bien qu'étaler une vie sur internet est quelque peu puéril... Mais vous l'êtes davantage que moi dans le sens ou j'extériorise ces mots qui me hantent, ces faiblesses qui m'habitent ou encore simplement ce besoin de toucher un clavier.
J'aurais pu (et du selon certains) me lancer dans les concours d'entrée de l'université de Lausanne pour continuer mes études en Lettres. Je me suis lancée dans la photographie. Tous ces mots qui me rongent doivent donc attendre quatre ans avant que je ne me puisse réellement en faire quelque chose de durable. Il est donc important pour moi que je puisse exprimer mes besoins, mes envies et simplement écrire sur cette page que personne ne lira. Vous avez tous une flegme profonde lorsqu'il s'agit de passer cinq petites minutes de votre temps à déchiffrer des mots. Plus interessés par l'image qui est plus vive et plus rapide à comprendre, souvent, qu'un texte, vous faites preuve d'indélicatesse et quittez rapidement la page pour trouver quelque chose de plus souple et de moins complexe. Surtout ne pas faire compliqué, ce serait dommage de perdre son temps sur quelque chose qui n'en vaut pas la peine.
Je ne me plaindrai pas de l'éventuel manque de visite qui se fera sans aucun doute étant donné que je n'expose plus de l'image. Cela m'importe d'ailleurs peu. Mon besoin est d'écrire, pas d'être lue. Pour le reste, je ne me fais aucun soucis, il y en a nombres d'entre vous qui me liront. Simplement pas ici. Pas maintenant.

Parlons-en des mots.
Je crois que de toutes les découvertes inimaginables que peuvent faire les enfants dès leur premier âge, la plus importante des mienne était la lecture. J'ai parlé très tôt, marché très tard... Maintenant je bouge peu mais j'écris et j'écoute... Beaucoup. Je n'ai pas vraiment changé.
Une famille d'artistes et surtout, de regards, m'a très vite conduite à remarquer que ma présence n'était telle qu'à l'intérieur de ce que je pouvais créer de mon esprit et de mon regard.
Je ne ressentais pas le besoin de ressembler aux autres gamins de mon âge. Je n'étais pas casse-cou, je n'ai jamais été tentée par une cigarette ou une goutte d'alcool (bien que je sois tombée dedans à ma troisième année de vie xD). Moi j'aimais écrire. J'aimais raconter ce que les autres ne pouvaient même pas imaginer. J'aimais créer des contes de fée plus complexe que ceux que mes parents prenaient, le soir, le temps de me lire étant petite.
A mon premier jour d'école, ma mère a réussi à m'y pousser de force en faisant un triste compromis: J'irai à l'école si j'avais d'elle la permission de me déguiser en fée pour m'y rendre.
Mes premiers professeurs remarquèrent donc assez vite que je constituais un étrange phénomène. Ne souhaitant donc vraisemblablement pas faire comme tous mes autres petits camarades, et ne voulant entrer dans aucun moule, je parcourait donc la vie de petite fille en cherchant à ne jamais leur ressembler. Je ne faisais donc jamais les mêmes devoirs que les autres, ne courait jamais aussi vite qu'eux, ne parlait pas autant et bien entendu, ne m'intéressait à aucune de ces marques de vêtements couteuses que chacun aimait et aime encore porter afin de se faire remarquer. Je n'avais pas besoin de tous ces artifices de la vie aisée pour exister sur ma petite planète qui s'est très vite agrandie avec l'arrivée d'amis du même genre que moi.
Quoiqu'il en soit, il était pour tout le monde normal que je finisse dans la voie que j'avais choisi et cela me plaisait très bien de cette manière.

Mon petit problème consiste en la matière que je ne parviens pas à garder pour moi les choses que je ne devrais pas dire. Par exemple, quand je pense quelque chose de quelqu'un je le dis haut et fort de sorte que tout le monde l'entend et le comprend contre mon plein gré.
Du coup, tout un tas de personnes se mettent en tête que lorsque je dis du mal de quelque chose, je parle forcèment d'eux et ce n'est vraiment pas très réaliste. Mais je ne m'étalerai pas sur le sujet afin de ne pas répandre d'autres ridicules malentendus avec d'autres personne. C'est un terrain dangereux ^^

Sinon cette année j'ai eu la chance de rencontrer tout un tas de personne merveilleuse et pas uniquement dans le cadre de mes cours préparatoire. J'ai rencontré des photographes qui vivent de leur métier et sont aussi passionés que moi, j'ai rencontré bien entendu quelques personnes vraiment fabuleuses durant mes cours et j'ai rencontré tout un tas de personne à l'extérieur, entre le travail et les sorties. Et je crois que c'est bien la première année de toute ma vie ou je sais me créer de vrais liens sociaux si j'ose dire. Je n'ai jamais été vraiment comprise des gens qui m'entouraient avant et je n'ai jamais su garder le minuscule lien qui nous liait.
Je parlerai de tout cela plus profondèment dans un second article.

La personne qui complète ma vie et me seconde à chaque instant c'est Lui... Un garçon vraiment perfectissime avec lequel je vis plus ou moins depuis un bon moment. Il me fait sourire à chaque instant de douleur et a toujours su savoir ou se trouvait mes hésitations. Il a su me protéger lorsque les choses difficiles m'atteignaient et il a toujours été présent pour moi lorsque je ressentais des moments d'égarements, par exemple durant les récents coucours d'entrée pour la photographie. Il m'a soutenu tout du long et cela m'a été d'une grande aide.
Je crois que des un an et demi que j'ai passé à ses côtés, je n'ai ressentis que de bonnes choses. Même dans les moments difficiles du couple, j'ai su prendre le bon côté des choses et tirer des leçons de chaque chose.
Je suis vraiment amoureuse de lui et c'est la première fois que ce sentiment m'atteint aussi fort et d'aussi près. J'ai enfin trouvé le garçon pour qui je peux tout donner sans craindre de me voir trahie et avec lequel j'ai envie de passer toute une vie sans reproches ni aiguillages. Je l'aime tout simplement sans complications ni explications... Il est là et je suis là... Et nous formons un tout.

Bon... Je terminerai ce nouveau premier article en vous informant que je vais supprimer tous les "amis" de ce blog qui n'ont rien à faire à cette place. J'accepte dorénavant les artistes (de n'importe quelle forme d'arts tant que vous savez l'exprimer), les véritables amis et point barre...
Je ne recherche pas à vous faire obtenir le maximum d'amis possible simplement parce qu'avoir 300'000 amis sur un blog ca fait *bien*. Je m'en fous moi.

Ceux qui ont eu le courage de tout lire, je vous remercie vraiment... Pas parce que mes mots en valaient la peine mais parce que vous faites partie du peu de gens qui prennent encore le temps de vivre et d'exister.
Merci.

Tout commentaire, bien qu'inespéré est bien entendu le bienvenu et je les attend tous avec impatience.
# Posté le lundi 23 juin 2008 07:39
Modifié le lundi 23 juin 2008 08:18